Les Souterrains du Temps

Les Souterrains du Temps

Claude Ecken

Préface d’Ugo Bellagamba

Éditions du Somnium, coll. Hyperboles 4

DATE DE PUBLICATION : octobre 2017

PAGINATION : 288 pages

ISBN : 978-2-918-696-07-0 

PRIX : 12 €
 

Un physicien a disparu.
D’abord simplement intrigué, son collègue, Alain, va rapidement devoir oublier la banalité du quotidien.
Négligeant sa propre mission scientifique au prestigieux laboratoire new-yorkais de Brookhaven, à Long Island, son enquête va le mener, de zones militaires interdites en créatures mutantes, bien plus loin que son intuition physique ne l’aurait cru possible : au plus profond des souterrains du temps.
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Préface d’Ugo Bellagamba
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« Quand on mesure le drame de la science moderne découvrant jusque dans l’absolu mathématique ses limites rationnelles ; quand on voit, en physique, deux grandes doctrines maîtresses poser, l’une un principe général de relativité, l’autre un principe quantique d’incertitude et d’indéterminisme qui limiterait à jamais l’exactitude même des mesures physiques ; quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce siècle, initiateur de la cosmologie moderne et répondant de la plus vaste synthèse intellectuelle en termes d’équations, invoquer l’intuition au secours de la raison et proclamer que «l’imagination est le vrai terrain de germination scientifique», allant même jusqu’à réclamer pour le savant le bénéfice d’une véritable «vision artistique» – n’est-on pas en droit de tenir l’instrument poétique pour aussi légitime que l’instrument logique ? Au vrai, toute création de l’esprit est d’abord «poétique» au sens propre du mot ; et dans l’équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s’exerce, initialement, pour l’entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l’ellipse poétique, qui va plus loin et de plus loin ? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l’un équipé de l’outillage scientifique, l’autre assisté des seules fulgurations de l’intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence. La réponse n’importe. Le mystère est commun. »

SAINT-JOHN PERSE
Prix Nobel de littérature, 10 décembre 1960

Auteur d’une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles explorant les pistes de l’imaginaire, de la pure science-fiction au fantastique et même, parfois, à l’horreur, Claude Ecken est également l’un des meilleurs spécialistes français de la «novella» de SF. Courts romans ou longues nouvelles, celles-ci lui ont valu de remporter deux prix Rosny aîné, et le Grand Prix de l’Imaginaire.

Préface

Nous vivons une étrange époque.

Du moins l’est-elle pour tous les passionnés, les lecteurs fascinés, et les spécialistes avisés de la science-fiction, que ces derniers soient de purs autodidactes ou de sages universitaires.

Le genre de prédilection dont nous dévorions les textes, romans, anthologies et nouvelles, quand nous étions enfants, dans un état le plus souvent à mi-chemin entre l’extase du dépaysement et le vertige des vraisemblables, est devenu un élément constitutif de la culture générale ; alors que, pour certains, nous devions lire en cachette, placer soigneusement, par-dessus nos livres de poche aux couvertures bariolées, de larges manuels d’histoire-géographie ou de mathématiques, et prétendre faire nos devoirs pour le lendemain alors que nous croisions bien au-delà de l’orbite de Pluton, à la rencontre de civilisations extraterrestres disparues ou d’empires galactiques en péril, aujourd’hui, honte à celle ou celui qui n’a pas la maîtrise de ses classiques « SF ». Mais cette « victoire » peut aussi avoir un goût amer, par exemple lorsqu’on retrouve la définition de la science-fiction dans l’enveloppe métallisée d’un apéricubeTM goût cheddar. Où est donc passée la complexité qui se cache derrière le trait d’union entre « science » et « fiction » ? Après les ténèbres du mépris et les feux d’artifices du triomphe médiatique, faudra-t-il attendre le Tiers-Âge de la Culture pour qu’elle occupe enfin sa juste place ? Tout ceci est déroutant. Aussi, lorsqu’une plume expérimentée et généreuse rouvre pour vous le véritable chemin de l’émerveillement et de l’aventure, il ne faut pas bouder son plaisir.

Claude Ecken, né en 1954 et père, au bas mot, d’une centaine de textes récompensés par les plus grands prix de la SF, n’est certes pas un jeune auteur, et prétendre le contraire serait lui faire injure. Mais sa plume, taillée dans un roseau, vert et flexible, continue de chanter sous le vent des idées avec une double exigence qui ressemble fort à celle des gens de sciences qu’il admire tant : respecter les méthodes, se nourrir des contradictions. Les recherches préalables, l’auteur les mène avec un souci d’exhaustivité et de cohérence, qui eût sans doute fait de lui, à l’Université, un collègue infréquentable.

Claude Ecken n’écrit pas pour être admiré, mais avec le souci de livrer une œuvre juste. Artisan consciencieux, il se fait parfois moine copiste, reclus dans son scriptorium aux mille parchemins. Il a, de son côté, le sens de l’ouvrage, la prudence du récit, et le regard clair.

Les Souterrains du Temps s’ouvrent quelque part entre les aventures électroniques de Yoko Tsuno et les vrilles dimensionnelles de Stranger Things, et, éclairés par une lumière électrique, douce et régulière, relient les recherches sur la physique nucléaire qui furent menées au Laboratoire national de Brookhaven, sur la côte Est des États-Unis, à la thématique la plus classique de la science-fiction, qui n’a pas toujours pas abdiqué son règne sur nos imaginaires enflammés : le voyage dans le temps. Le roman vous rappellera sans doute certains épisodes de X-Files, où l’armée dissimule des technologies impies sous des bois lugubres ; mais les personnages de Claude Ecken ne sont en rien de simples avatars de Mulder et Scully : scientifiques confrontés à l’impensable, ils ne se réfugient pas derrière leurs paradigmes sclérosés, mais, tout au contraire, au nom de l’amitié et de la curiosité, ils descendent loin sous la surface des certitudes et affrontent l’inconnu. En somme, Claude Ecken connaît bien ses classiques. Et, chemin faisant, récit après récit, discrètement, il en est devenu un, lui aussi

Ugo Bellagamba
Nice, le 21 septembre 2017

Cliquer sur les liens ci-dessous pour consulter les avis et critiques  :

– Dans les Cahiers de Narratologie 18,
par Edwige Comoy Fusaro, 2010 [En ligne] :

⇒ WWW

– Sur Actu SF, par Jérôme Vincent :

⇒ WWW

“un recueil indispensable à tous ceux qui aiment se replonger dans l’histoire de la SF ou ceux qui voudraient découvrir une autre facette de Rudyard Kipling. On signalera également l’importance du paratexte, que ce soit la biographie de l’auteur ou les articles de Roland C.Wagner et Ugo Bellagamba. Un complément essentiel à ce livre redoutablement intelligent.”

– Dans Les Vagabonds du rêve,
par Hélène, avril 2010 [Blog]

⇒ WWW

Il y a toujours quelque chose de merveilleux dans les surprises et ce fut pour moi une vraie surprise que de découvrir Rudyard Kipling en auteur de science-fiction.

L’auteur
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